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Archive for October 2013

Les mystères d’Angkor

150 ans près sa découverte, le merveilleux site cambodgien livre ses secrets

De magnifiques images aériennes saisissent leurs célèbres tours à visages au coucher du soleil. De son côté, la technologie numérique offre de saisissantes reconstitutions virtuelles des intérieurs de leurs cathédrales de grès, de leur statuaire et de la topologie de leur capitale.

Bienvenue à Angkor, merveille du monde malheureusement bientôt trop fréquentée (7 millions de touristes prévus en 2015 !).

De la Terrasse des Eléphants au Palais du Roi Lépreux en passant par quelques romantiques sanctuaires enserrés dans les racines de fromagers, on s’attache à percer les mystères de ce site qui fut l’un des plus grands complexes urbains de la planète entre le VIIIème et le XVème siècle.

Quelles causes présidèrent à sa naissance, à son incroyable développement et à sa fin ?

Un gigantesque damier

Un laser embarqué dans un hélicoptère a détecté en quelques survols la moindre empreinte de rue, de canal et de maison sur des dizaines de kilomètres. Jusqu’alors, seuls les édifices en pierres étaient connus. On sait désormais que ces ruines structuraient un gigantesque damier ajouré de vastes retenues d’eau. Plus de 120 000 personnes pouvaient vivre ici au XIIIème siècle, lors de l’apogée d’Angkor.

Mais pourquoi chaque souverain devait-il absolument s’y faire construire un temple ?

Réponse à Koh Ker,  à une centaine de kilomètres. Ce temple-montage se révèle être un complexe funéraire, suite à la recomposition d’un Shiva dansant à partir de 10 000 fragments. Dieu à 10 bras et 5 visages, haut de plus de 5 mètres, il est restitué virtuellement en 3D en attendant une hypothétique restauration. Cette sculpture introduisait à une véritable antichambre vers l’au-delà. Avec chapelle où trônait le roi des enfers sur son buffle. Lors de cérémonies dont le déroulement se lit dans les décors, les sacrifices humains n’étaient pas rares. On décapitait pour assurer le passage du roi de Koh Ker dont l’effigie – chose exceptionnelle dans les arts asiatiques – a été identifiée (voir Musée Guimet).

Beaucoup de bas-reliefs tombent en poussière mais leur restauration se fait à partir de moulages effectués il y a un siècle et demi par le marin Louis Delaporte, découvreur d’Angkor. Ses documents, en plâtre ou dessinés, sont capitaux car ils témoignent d’un état d’origine ou presque. Or, les moulages pourrissaient dans les caves d’une abbaye de province après avoir fait sensation lors des Expositions universelles de la fin du XIXème siècle.

Ses documents enfin sauvés équivalent presque à une nouvelle renaissance pour Angkor, à admirer du 16 oct au 13 janv 2012, ainsi que l’incroyable odyssée de Louis Delaporte, quand il rapporta la tête du roi de Koh Ker.

extrait de Figaro week-end 5-6 oct 2013